Le désir après la naissance

Après l’accouchement et l’arrivée de bébé, l’envie de refaire l’amour provient surtout de la femme. Dans 50% des cas, les hommes sont plus demandeurs que la femme après la naissance. En effet, il est difficile pour une maman de ressentir du désir, et est souvent focalisée sur l’accouchement un certain temps. La prolactine est aussi l’hormone de l’accouchement, qui contribue à s’attacher chimiquement à son enfant, et réduit donc le désir. Outre le bébé et le changement de vie, la femme a aussi un regard différent sur son corps, qu’elle a vu changer et qu’elle n’assume pas forcément. C’est pour elle un exercice de se concentrer sur elle-même, afin de renaître avec le plaisir et l’envie de l’autre. Si la baisse de libido est tout à fait normale après l’accouchement, certaines femmes se sentent plus épanouies avec l’arrivée d’un enfant, car le bien-être psychologique provoque le bien-être physique ! En lâchant prise (comme par exemple en ne se mettant plus la pression de tomber enceinte), elles sont réceptives au plaisir et aux sensations corporelles.

Une épisiotomie à l’accouchement

La cicatrisation post-accouchement peut prendre trois à six semaines en fonction des femmes, ce qui effectivement provoque douleurs et appréhensions à refaire l’amour avec son partenaire. Douloureuse, l’épisiotomie est parfois vécue comme un traumatisme pour la maman et, au delà de la douleur physique, peut engendrer un blocage psychologique. Le col de l’utérus peut aussi rester ouvert plusieurs semaines après la naissance, et il convient d’éviter tout rapport afin de limiter les risques d’infections, puisque cette zone devient alors vulnérable. La douleur liée à la traction des muscles peut aussi persister quelques semaines.

 

En cas de césarienne

S’il est plus facile physiquement de refaire l’amour à la suite d’une césarienne, il convient quand même que la maman soit prête puisqu’elle peut souffrir de douleurs au niveau de sa cicatrice au ventre. Effectivement, le bas ventre est souvent très sensible et le papa devra faire attention de ne pas trop appuyer. Il convient dans tous les cas de différencier une gêne ou une sensation inconfortable d’une véritable douleur localisée. Il faudra le cas échéant prendre rendez-vous chez votre gynécologue afin qu’elle palpe votre ventre, et si nécessaire, qu’elle vous fasse passer une échographie pelvienne et une prise de sang, afin de diagnostiquer s’il y a infection de l’utérus. Une prise d’antibiotiques ou d’anti-inflammatoires est souvent largement suffisante dans ce cas.

Renouer avec l’autre en douceur

Quelque soit la situation de la femme, il faut qu’elle soit prête psychologiquement à refaire l’amour petit à petit. Les partenaires devront alors être à l’écoute de l’autre pour recréer une complicité et une connexion physique. Le papa devra aussi rassurer sa partenaire avec des mots réconfortants qui lui donneront confiance, et reprendre ainsi le contact physique en douceur. Il faudra un temps d’adaptation à la jeune maman pour redécouvrir son corps, lâcher prise pour ne pas être tendue, retrouver des sensations et reprendre confiance. Une rééducation avec un spécialiste peut parfois aider à reprendre confiance en son corps et en soi.